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D@rk Sh@dows Projekt

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Migrants : l'enfer sur terre.

Aujourd’hui, j’avais envie de faire un truc inutile.

Te parler.

A toi le raciste qui est horrifié de cette marée humaine qui envahit notre Terre Adorée et Immortelle qu’est la France. Marée noire de peau, souvent, bigarrée, dépenaillée et venue là, chez toi, pour te prendre tes femmes et ton travail.

A toi le raciste qui voudrait qu’on Les empêche de venir. C’est pour Leur bien à Eux, puisqu’on ne veut pas d’Eux, toi, le français, en premier chef. On ne peut accueillir toute la misère du monde, ma bonne dame…
A toi, je répèterai ce qui a été dit ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/rachel-nef/260615/ceux-qui-me-repetent-qu-ne-peut-pas-accueillir-toute-la-misere-du-monde

« De plus, on réduit le migrant à son statut de migrant, comme si l’unique but de sa vie était de venir frapper à notre porte, mais derrière chaque demande d’asile se cache un homme ou une femme avec son histoire, son passé, un homme ou une femme qui a grandi quelque part, a eu une enfance, a des attaches, un endroit où il s’est senti chez lui. Je me souviens de ce Monsieur tchétchène qui m’évoquait les larmes aux yeux les montagnes de son enfance, car jamais il n’aurait pensé ne pas vieillir a leurs pieds ou de ce Monsieur bangladais qui s’était effondré dans mon bureau car il venait d’apprendre la mort de son père au pays et savait qu’il ne pourrait même pas lui rendre un dernier hommage… Qui voudrait vivre ça ? Franchement, qui ? Sans parler des trajets abominables pour atteindre l’Europe tristement illustrés par les récents naufrages en Mediterannée… »

Et pourtant, on le sait que ces migrants ne sont pas un « danger » pour notre économie. Les experts te le disent (http://www.lemonde.fr/festival/article/2015/06/25/et-si-on-ouvrait-les-frontieres_4661969_4415198.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook), mais tu préfères croire les hommes politiques que tu sais être tellement menteurs.

Alors je vais te parler, sachant que tu ne liras sans doute pas, mais je me dis que peut-être, sur un malentendu, la curiosité l’emportera.

Je vais te parler de ce migrant, le migrant africain qui vient de si loin et paye un si lourd tribut en tentant sa chance, malgré tous les moyens et tout l'argent que l'Europe met en travers de Son chemin.

Avant de te parler de Lui, de cet Homme, de cette Femme, qui viennent ici pour survivre (oui, Ils n’ont le choix qu’entre la vie et la mort, Eux, on en reparle plus tard), il faut que tu comprennes un truc au préalable. La situation qui fait que des hommes et des femmes quittent leur pays pour trouver autre chose que la misère et la mort, au péril de leur vie, cette situation c’est de ta faute, de la mienne aussi, mais pas de la sienne. Lui, le capitalisme, il n’en connait que la version la plus violente. Celle qui le tue dans des mines pour les métaux rares qui composent ton téléphone portable, ton ordinateur. Celle qui le tue par les guerres qui n’ont pour but que l’appropriation des ressources naturelles dont il est si riche sans en toucher un rond. Alors, toi, tu es peut-être au chômage, viré par un patron qui t’a expliqué que les autres pays payaient moins cher la main d’œuvre dont il a besoin pour fabriquer des trucs que tu ne peux plus te payer. Est-ce sa faute à Lui ? Non. Mais j’imagine que pour toi, c’est plus facile de Lui en vouloir que de demander des comptes à ton ex-patron, surtout que celui-ci est bien protégé par la police, alors que Ceux-là tu peux même Les frapper avec elle à tes côtés. C’est toujours plus facile d’être du côté des oppresseurs tenant la matraque que de celui des oppressés, par solidarité.

Ou alors tu es le type de raciste qui bosse, qui est peut-être même aisé, mais à qui on a appris depuis tout jeune que le noir est inférieur, fainéant… Faut bien reconnaître le poids du passé colonial français. Alors toi, vas-y, regarde ce dont ils sont capables. https://www.youtube.com/watch?v=Vf4N_lHOWEA

Ou ce qu'ils doivent supporter : https://www.youtube.com/watch?v=vtmaz4L1gmk

Tu te vois survivre dans des conditions aussi difficiles ? Tu n’en ferais pas la moitié à leur place, tu t'écroulerais sur place. Ton cas est sans doute désespéré, mais bon, au moins, te mettre devant tes contradictions me soulagera un peu, ce soir...

Ce texte et ces images s’adressent aussi à tous nos hommes politiques qui pensent qu’en caressant le raciste dans le sens du poil ils garderont leur fauteuil rembourré de tant d’avantages (bah oui, le raciste, tu hais un mec qui ne te piquera pas ton boulot, mais tu te couches devant ceux qui t'ont ruiné ta future retraite, te demandant des efforts que eux ne feront jamais). Je te souhaite qu’un jour tes enfants ou petits-enfants n’aient pas à demander l’asile à un pays comme celui qu’ils ont contribué à faire : le nôtre.

A 15 ans, traité déjà comme un chien par cette Europe qu'il pensait déjà pouvoir aimer un jour : https://www.youtube.com/watch?v=qgkLuZzAcNE

Alors voilà. Voilà leur vie à Eux. La vie d’Hommes et de Femmes du 3eme millénaire. C’est de Eux dont je voudrais te parler, parce qu’en te parlant d’Eux, je te parle aussi de toi. Et ce n’est pas beau à voir.

Allez, maintenant je vais laisser la parole à Un des Leurs. Je ne l'ai croisé qu'une fois dans ma vie et son regard me hantera longtemps, sans doute à vie, tout comme je rêve que ses mots à Lui puissent te hanter longtemps.

Pour sa sécurité, je vais changer son nom. Il a répondu à mes questions depuis un téléphone, alors j'ai ajouté qulques accents et un peu de ponctuation. Mais tout est là. En prise directe, comme un poing dans la gueule…

A toi, Um Nyobe.

Lui : « Alors je m'appelle UM NYOBE je suis camerounais. Je parts de mon pays tout simplement je dirais a cause de la situation économique de mon pays qui n'offre pas forcement de perspectives d'avenir pour nous la jeune génération. Parti du cameroun pour atterir d'abord directement en Algérie en traversant le désert nigero-algerienne. Je suis resté en Algérie pratiquement un an puis continuer mon périple en terre marocaine ou je passe quasiment quatre bonnes années de misères. Ma vie en terre marocaine était tout sauf une vie où il fallait conjuguer la vie avec un misérabilisme absolu. Une fois au Maroc moi avec bon nombre de mes compagnons avions pour seul abri la forêt sur les montagnes marocaines. Ce qui se trouvait être un point stratégique afin de pouvoir dormir un temps soit peu et se reposer. Sur ces montagnes avions construits des tentes en plastiques qu'il fallait reconstruire a chaque fois que la police marocaine débarquaient afin de tout brûler. S'agissant de notre alimentation,il était question chaque jour de sortir au cas on ne sent pas la présence de la police dans les environs; alors sortir faire des tours dans les villes les villages environants tout en fesant la manche et demander l’aumône. Les samedi et les dimanches jours des marchés nous allions chercher des pommes de terre, des tomates ,des oignons et des abats de viandes a la fermeture des marchés. Pourquoi après la fermeture des marchés tout simplement parce que c’était le moment que les commerçants jettent tout ce qui ne peut plus être commercialisables. Et c'est cela que nous récupérons pour en faire nos réserves pour la semaine. En ce qui concerne les blessés il y a une ONG catholique basée a Nador qui vient en aide aux migrants et qui prends vraiment soins d'eux de concert avec certains espagnols qui en font partie.

S'agissant des femmes elles ne bénéficient absolument pas des conditions extraordinaires, en ce sens que dans ces forêts nous avons des femmes qui accouchent leurs enfants laba et on trouve des enfants de tout âge confondu; allant d'un mois à parfois 10 ans. La population vivant dans les forêts marocaine est aussi diversifiée que variée.

Parlant de la police marocaine c'est le comble en ce sens que lorsqu'elle débarque en forêt, elle juste pour mettre le feu, elle brûle toutes nos tentes que nous appelons vulgairement "bunkers". Alors la police brûle les jungles sans tenir compte des imtempéries, qu'il pleuve ou qu'il neige, ils n'en ont rien a foutre.

Et les gens qu'ils réussissent à attraper sont conduit au poste de police où ils passeront des heures et des heures voire des jours en attendant leur refoulement soit vers la ville de FES ou MEKNES ou alors MARRAKECH.

IL EST DES MOMENTS QU IL VOUS EST POSSIBLE DE SUBIR TOUTES LES ATROCITES POSSIBLES MEME CELLES QUE NE POURRIEZ MEME PAS IMAGINER POUR LA SEULE BONNE RAISON QUE VOUS AVEZ COMMI UN CRIME. MAIS LEQUEL? CELUI D ETRE DANS UN PAYS EN SITUATION IRREGULIERE VOILA LE SEUL CRIME.

Il est des moments que la police ESPAGNOLE s'y met dans ces mêmes atrocités avec nous mais le pire du boulot était réservé a la police marocaine qui était alors destiné à vous traiter comme bon leur semblait.

S'agissant de ta question de savoir ce que j'ai vécu le plus dur labas : alors permet de te répondre pratiquement tout. Car l'environnement marocain se veut très hostile avec des black.

Quoique tu fasse pour vouloir t’intégrer dans cette société à chaque fois toutes les portes se referment à votre nez. En plus nos conditions existencielles sont les pires, en ce sens que même le moindre sommeil vous est quasiment privé car il faut être en état d'alerte à chaque seconde car la police marocaine peut surgir à tout moment et attraper mais aussi brûler tout. Mais vraiment tout ce que vous pouvez avoir en allant aux vêtements jusqu'au matériel de couchage. Mais le comble dans tout ça c'est qu'il faut bien recommencer a bâtir après leur départ, vu que vous ne pouvez pas dormir à la belle étoile par exemple en période d'hiver ou d'automne.

Parlant de la manière ou de la façon dont je suis arrivée a passer, là encore c'est un parcours de combattant car il m'a fallut quatre bonnes années pour y parvenir. Après avoir fait de multiples tantatives a GOUROUGOU (frontière avec l'enclave de MELILLA) sans succès, mais aussi des passages par les embarcations pneumatiques aussi dangereuses que tout au prix de nos vies.

Mais dieu merci que cette année en la date du 20 avril 2015 mon périple a été gagnant et couronné de succès, avec 7 heures passées sur la mer méditerranée avec mes compagnons, plus d'une quarantaines dans une embarcations de moins de 7 mètres avec un moteurs de 25 cheveaux.

Mais une fois arrivée en terre ESPAGNOL au port de MOTRIL le cauchemar refesait une fois de plus jour. Déjà il faut passer 3 jours en cellule avec à peine deux repas par jours, pas de douche, rien du tout. Mon deuxième jours dans cette cellule de MOTRIL on nous présente des pseudo personnages comme quoi ce sont eux qui seraient chargées de notre défenses en cas de besoins. Par exemple le monsieur qui m'est présenté comme étant mon avocat, là je parle d'un homme que j'ai vu avec mes propres yeux, mais une fois dans mon centre de rétention de TARIFA lorsque j'ai eu accès à mon dossier, là je me rends compte que le monsieur donc on m'avait présenté comme mon avocat n’était pas celui dans le dossier, c'était par contre une femme, qui en plus malgré mes sollicitations à vouloir le rencontré, jamais elle ne s'est présentée. Au terme de tout ceci, je peux dire qu'il n'y aucun droit juridique en Espagne en ce qui concerne l'immigration.

Beh pour passer en France, j'ai pris la voiture après ma libération et je me suis retrouvé sur Paris (où un ami m'as fait l’itinéraire à parcourir jusqu'à ma destination).

Pour le moment, je veux rester en France tout en espérant y bâtir une vie, celle que ma terre natale n'a pas su m'apporter.

Au regard de toutes ces misères franchement, si c’était à refaire, je te jure la main sur la poitrine jamais je n'oserai plus le faire. Jamais plus jamais car c'est tellement humiliant et dégradant au point où tout au fond de votre être vous vous sentez identifier a un animal. Voilà, je ne sais pas si je satisfais ton indulgente curiosité mais si tu as des questions en supplément n'hésite pas je me ferai bien volontier a te répondre.

moi : « Ouais a Paris, c'est la que je t ai croisé. Merci pour ton témoignage, je vais le retravailler un peu et m'en servir pour un article. Je cacherai ton nom pour pas que tu aies des soucis. Tu as une idée de pseudo ? »

Lui : « Ché guevara ! ou UM NYOBE. UM NYOBE ca me va»

moi : «Um Nyobe, ok je prends »

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Vidéos pour en savoir plus :

Temoignage d'Alpha, immigré à Calais
http://www.franceinfo.fr/actu/societe/article/le-temoignage-d-alpha-arrive-calais-il-y-3-mois-695544

The Land Between : reportage sur Mellila
https://www.youtube.com/watch?v=Vf4N_lHOWEA

Traversée Clandestine
https://www.youtube.com/watch?v=vtmaz4L1gmk

Mellila broie les hommes
https://www.youtube.com/watch?v=rUCNljP_Uc8

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